Abdelkader
Hibbane
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Publié le:   16 février 2010
Paru dans:   Actu24 (Vers l'avenir)
L'expo d'Ak Hibbane inspire les enfants

Le mois de la culture arabe va bon train. Les enfants ne sont pas oubliés dans ce beau projet : ils viennent de découvrir l'art d'Ak Hibbane.

Lorsqu'il quitte Casablanca pour arriver en Belgique, à 20 ans, Ak Hibbane tient déjà en main une extrémité du fil. Du moins, il a reçu un enseignement coranique. Il y a intégré la relation entre la parole sacrée et son expression dans l'écriture, dans la calligraphie, née comme véhicule du Coran et donc, sacralisée. En tant qu'expression elle-même du divin, la calligraphie se suffit à elle-même pour figurer le divin. Il n'est donc pas nécessaire de la doubler par l'image, la représentation. En Belgique, toujours en recherche, il s'inscrit aux Beaux-Arts et se frotte donc à une autre tradition, à une culture de l'image, dans laquelle la représentation des idées, des personnes, des objets, du sacré, a valeur de code, de langage, de communication.

Que se passe-t-il alors ? Carine Dechaux, directrice du centre culturel des Roches, commente : « Un long cheminement pour arriver à ce qui est présenté ici, symbiose entre ces deux cultures. Au départ donc : des paysages de sa région, Charleroi, quelques portraits. Et lentement, les signes, des tracés, comme des lettres mais pas vraiment, encore abstraits, qui s'intègrent à l'image. Et puis, les signes osent être des lettres, des mots, ensuite des phrases. En même temps que l'image figurée s'efface, pour laisser la place à la couleur, la densité, la matière. Enfin, la structure prend toute sa place. » Tous impressionnés Un tel riche cheminement, aux confins entre deux cultures, se concrétise donc, pour Ak Hibbane, par une approche picturale soignée et porteuse de sens : des peintures, des calligraphies. Un beau panel de son oeuvre est actuellement exposé, à la galerie Esquisses (tous les jours jusqu'à ce dimanche 21 février, de 14 h à 17 h). Parmi toutes les activités proposées dans le cadre du mois sur la culture arabe, nul doute que cette exposition fait partie de celles qui ont le plus impressionné. Férus d'art ou simples amoureux du beau, tous ont été conquis. Les enfants ne sont pas demeurés en reste. La semaine dernière, la découverte de cette exposition leur était proposée. Ils ont beaucoup apprécié et ce d'autant plus qu'il ne s'agissait pas d'une simple découverte à l'état brut, mais bien de séances au cours desquelles les enfants étaient invités à mettre ensuite la main à la pâte . Et à voir les minois marqués tant par le plaisir et que par la concentration, nul doute que ces calligraphes en herbe ont beaucoup aimé.

Laurent GUYOT